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Wednesday, February 22, 2012

22 de febrero de 1939: Murió el poeta lejos del hogar...

Antonio Machado


Imagens retiradas de Comentando a Antonio Machado

Antonio Machado com a mulher a quem dedicou
-
(...)
Machado dort à Collioure
Trois pas suffirent hors d'Espagne
Que le ciel pour lui se fît lourd
Il s'assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours
(...)
-
(DEDICADO A ANTONIO MACHADO, POETA)
(...)
Hace algún tiempo en ese lugar
donde hoy los bosques se visten de espinos
se oyó la voz de un poeta gritar:
«Caminante no hay camino,
se hace camino al andar...»
(...)
Murió el poeta lejos del hogar.
Le cubre el polvo de un país vecino.
Al alejarse le vieron llorar.
«Caminante no hay camino,
se hace camino al andar...»
(...)
Cuando el jilguero no puede cantar,
cuando el poeta es un peregrino,
cuando de nada nos sirve rezar.

«Caminante no hay camino,
se hace camino al andar...»
(...)
Texto de Serrat com citações de

Saturday, January 08, 2011

Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare...

Il n'y a pas d'amour heureux

Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n'y a pas d'amour heureux

Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
Il n'y a pas d'amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n'y a pas d'amour heureux

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n'y a pas d'amour heureux

Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
Il n'y a pas d'amour heureux
Mais c'est notre amour à tous les deux

Louis Aragon (La Diane Francaise, Seghers 1946)


Aragon / Georges Brassens: Il n'y a pas d'amour heureux
Il n'y a pas d'amour heureux (Danielle Darrieux)
Il n'y a pas d'amour heureux (Françoise Hardy)

Thursday, December 16, 2010

II faut que mon coeur y mette le nom de la violette

-

Sur les berges de la Seine
Un midi de jeunes gens
Michel avec Madeleine
Pierre avec Jeanne et Germaine
Qui se promène avec Jean
II faut que mon coeur y mette
Le nom de la violette

Si le ciel est plein d'oiseaux
Qu'est-ce que cela peut faire
Le feu qui brûle en enfer
Les noyés dans les roseaux
Les cailloux au fond des eaux
II faut que mon coeur y mette
Le nom de la violette

Où allez où allez-vous
Hirondelles disent-ils
Est-ce enfin le mois d'avril
Doux parfum de n'importe où
Le vent ne parle qu'aux fous
II faut que mon coeur y mette
Le nom de la violette

Suis-je encore citoyen
De ce chantant paysage
Où c'est l'oublieux usage
De ne plus penser à rien
Qu'au vert bonheur mitoyen
Il faut que mon cœur y mette
Le nom de la violette

Je n'en ai plus les moyens

Louis Aragon, Le Cri du Butor (fragment) «Le Nouveau Crève-Coeur»

Wednesday, December 15, 2010

Le soleil prouvé par l’ombre enjambera les décombres


-

Maintenant que la jeunesse
S’éteint au carreau bleui
Maintenant que la jeunesse
Machinale m’a trahi
Maintenant que la jeunesse
Tu t’en souviens, souviens-t’en
Maintenant que la jeunesse
Chante à d’autres le printemps
Maintenant que la jeunesse
Détourne ses yeux lilas
Maintenant que la jeunesse
N’est plus ici n’est plus là
Maintenant que la jeunesse
Sur d’autres chemins légers
Maintenant que la jeunesse
Suit un nuage étranger
Maintenant que la jeunesse
A fui voleur généreux
Me laissant mon droit d’aînesse
Et l’argent de mes cheveux
Il fait beau à n’y pas croire
Il fait beau comme jamais
Quel temps quel temps sans mémoire
On ne sait plus comment voir
Ni se lever ni s’asseoir
Il fait beau comme jamais
C’est un temps contre nature
Comme le ciel des peintures
Comme l’oubli des tortures
Il fait beau comme jamais
Frais comme l’eau sous la rame
Un temps fort comme une femme
Un temps à damner son âme
Il fait beau comme jamais
Un temps à rire et courir
Un temps à ne pas mourir
Un temps à craindre le pire
Il fait beau comme jamais
Tant pis pour l’homme au sang sombre
Le soleil prouvé par l’ombre
Enjambera les décombres
Il fait beau comme jamais

Louis Aragon, Le Cri du Butor (fragment) «Le Nouveau Crève-Coeur»

Sunday, June 27, 2010

Ne le demandez pas aux académiciens...

Le paysan de Paris chante

I

Comme on laisse à l'enfant pour qu'il reste tranquille
Des objets sans valeur traînant sur le parquet
Peut-être devinant quel alcool me manquait
Le hasard m'a jeté des photos de ma ville
Les arbres de Paris ses boulevards ses quais

Il a le front chargé d'un acteur qu'on défarde
Il a cet oeil hagard des gens levés trop tôt
C'est pourtant mon Paris sur ces vieilles photos
Mais ce sont les fusils des soldats de la Garde
Si comme ces jours-ci la rue est sans auto

L'air que siffle un passant vers soixante dut plaire
Sous les fers des chevaux les pavés sont polis
Un immeuble m'émeut que j'ai vu demolí
Cet homme qui s'en va n'est-ce pas Baudelaire
Ce luxe flambant neuf la rue de Rivoli

J'aime m'imaginer le temps des crinolines
Le Louvre étant fermé du côté Tuileries
Par un château chantant dans le soir des soieries
Les lustres brillaient trop à minuit pour le spleen
Le spleen a la couleur des bleus d'imprimerie

Il se fait un silence à la fin des quadrilles
Paris rêve et qui sait quels rêves sont les siens
Ne le demandez pas aux académiciens
Le secret de Paris n'est pas au bal Mabille
Et pas plus qu'à la cour au conseil des Anciens

Paris rêve et jamais il n'est plus redoutable
Plus orageux jamais que muet mais rêvant
De ce rêve des ponts sous leurs arches de vent
De ce rêve aux yeux blancs qu'on voit aux dieux des fables
De ce rêve mouvant dans les yeux des vivants

Paris rêve et de quoi rêve-t-il à cette heure
Quelle ombre traîne-t-il sur sa lumière entée
Il a des revenants pis qu'un château hanté
Et comme à ce lion qui rêve du dompteur
Le rêve est une terre à ce nouvel Antée

Paris s'éveille et c'est le peuple de l'aurore
Qui descend du fond des faubourgs à pas brumeux
Il semblent ignorer ce qui déjà les meut
L'air a lavé déjà leurs grands fronts incolores
Des songes mal peignés y pâlissent comme eux

Qui n'a pas vu le jour se lever sur la Seine
Ignore ce que c'est que ce déchirement
Quand prise sur le fait la nuit qui se dément
Se défend se défait les yeux rouges obscène
Et Notre-Dame sort des eaux comme un aimant

Qu'importe qu'aujourd'hui soit le Second Empire
Et que ce soit Paris plutôt que n'importe où
Tous les petits matins ont une même toux
Et toujours l'échafaud vaguement y respire
C'est une aube sans premier métro voilà tout

Toute aube est pour quelqu'un la peine capitale
A vivre condamné que le sommeil trompa
Et la réalité trace avec son compass
Ce triste trait de craie à l'orient des Halles
Les contes ténébreux ne le dépassent pas

Paris s'éveille et moi pour retrouver ces myths
Qui nous brûlaient le sang dans notre obscurité
Je mettrai dans mes mains mon visage irrité
Que renaisse le chant que les oiseaux imitent
Et qui répond Paris quand on dit liberté

(Louis Aragon)

«Réfugié à Nice avant de passer dans la clandestinité, en 1942, le poète Louis Aragon tente de se remémorer à travers son poème "Le paysan de Paris chante" le Paris dont il est alors séparé par la ligne de démarcation...»

Monday, March 29, 2010

D'avance assassinés...

Samuel Jessurun de Mesquita and his wife were killed in Auschwitz. His son Jaap perished in the concentration camp at Theresienstadt.
The french poet Robert Desnos also died, very ill, in the concentration camp at Theresienstadt shortly after its liberation. First, he was arrested by the Gestapo and sent to a concentration camp located in Compiègne, France.
Robert Desnos: «Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au Camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libérée du joug de l'Allemagne nazie.»

Robert le diable

Tu portais dans ta voix comme un chant de Nerval
Quand tu parlais du sang jeune homme singulier
Scandant la cruauté de tes vers réguliers
Le rire des bouchers t'escortait dans les Halles
Tu avais en ces jours ces accents de gageure
Que j'entends retentir à travers les années
Poète de vingt ans d'avance assassiné
Et que vengeaient déjà le blasphème et l'injure

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne

Debout sous un porche avec un cornet de frites
Te voilà par mauvais temps près de Saint-Merry
Dévisageant le monde avec effronterie
De ton regard pareil à celui d'Amphitrite
Enorme et palpitant d'une pâle buée
Et le sol à ton pied comme au sein nu l'écume
Se couvre de mégots de crachats de légumes
Dans les pas de la pluie et des prostituées

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne

Et c'est encore toi sans fin qui te promènes
Berger des longs désirs et des songes brisés
Sous les arbres obscurs dans les Champs-Elysées
Jusqu'à l'épuisement de la nuit ton domaine
O la Gare de l'Est et le premier croissant
Le café noir qu'on prend près du percolateur
Les journaux frais les boulevards pleins de senteur
Les bouches du métro qui captent les passants

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne

La ville un peu partout garde de ton pasaje
Une ombre de couleur à ses frontons salis
Et quand le jour se lève au Sacré-Cœur pâli
Quand sur le Panthéon comme un équarissage
Le crépuscule met ses lambeaux écorchés
Quand le vent hurle aux loups dessous le Pont-au-Change
Quand le soleil au Bois roule avec les oranges
Quand la lune s'assied de clocher en clocher

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne

(Louis Aragon)

Sunday, March 21, 2010

Dia Mundial da Poesia / World Poetry Day

Les Poètes, Extraits de Prologue

Je ne sais ce qui me possède
Et me pousse à dire à voix haute
Ni pour la pitié ni pour l'aide
Ni comme on avouerait ses fautes
Ce qui m'habite et qui m'obsède

Celui qui chante se torture
Quels cris en moi quel animal
Je tue ou quelle créature
Au nom du bien au nom du mal
Seuls le savent ceux qui se turent

Machado dort à Collioure
Trois pas suffirent hors d'Espagne
Que le ciel pour lui se fît lourd
Il s'assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours

Au-dessus des eaux et des plaines
Au-dessus des toits des collines
Un plain-chant monte à gorge pleine
Est-ce vers l'étoile Hölderlin
Est-ce vers l'étoile Verlaine

Marlowe il te faut la taverne
Non pour Faust mais pour y mourir
Entre les tueurs qui te cernent
De leurs poignards et de leurs rires
A la lueur d'une lanterne

Étoiles poussières de flammes
En août qui tombez sur le sol
Tout le ciel cette nuit proclame
L'hécatombe des rossignols
Mais que sait l'univers du drame

La souffrance enfante les songes
Comme une ruche ses abeilles
L'homme crie où son fer le ronge
Et sa plaie engendre un soleil
Plus beau que les anciens mensonges

Je ne sais ce qui me possède
Et me pousse à dire à voix haute
Ni pour la pitié ni pour l'aide
Ni comme on avouerait ses fautes
Ce qui m'habite et qui m'obsède

(Louis Aragon)

Videos:
Jean Ferrat - Les poètes
JEAN FERRAT - LES POÈTES
Jean Ferrat - Les Poètes

Tuesday, March 09, 2010

Mesmo que dois e dois já não sejam quatro...

Richard II Quarante

Ma patrie est comme une barque
Qu'abandonnèrent ses haleurs
Et je ressemble à ce monarque
Plus malheureux que le malheur
Qui restait roi de ses douleurs

Vivre n'est plus qu'un stratagème
Le vent sait mal sécher les pleurs
II faut haïr tout ce que j'aime
Ce que je n'ai plus donnez-leur
Je reste roi de mes douleurs

Le cœur peut s'arrêter de battre
Le sang peut couler sans chaleur
Deux et deux ne fassent plus quatre
Au Pigeon-Vole des voleurs
Je reste roi de mes douleurs

Que le soleil meure ou renaisse
Le ciel a perdu ses couleurs
Tendre Paris de ma jeunesse
Adieu printemps du Quai-aux-Fleurs
Je reste roi de mes douleurs

Fuyez les bois et les fontaines
Taisez-vous oiseaux querelleurs
Vos chants sont mis en quarantaine
C'est le règne de l'oiseleur
Je reste roi de mes douleurs

II est un temps pour la souffrance
Quand Jeanne vint à Vaucouleurs
Ah coupez en morceaux la France
Le jour avait cette pâleur
Je reste roi de mes douleurs

(Louis Aragon, Le Crève-coeur, 1941)


"My Crown I am, but still my griefs are mine:
You may my glories and my state depose,
But not my griefs ; still am I King of those."

William SHAKESPEARE, Richard the Second, Act Four, Scene One.

Colette Magny - Richard II Quarante